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Vikash Dhorasoo : « L’école ne doit pas être dans la compétition »

Vikash Dhorasoo : « L’école ne doit pas être dans la compétition »

Vikash Dhorasoo, ancien international de football, a été le parrain de la 5eme Journée du refus de l’échec scolaire. Face à l’échec scolaire, ce sportif de haut niveau milite pour plus de de solidarité à l’école et pour plus de jeux en apprenant, à la place de la compétition.

 

 

Pourquoi avez-vous accepté de devenir parrain de la 5e Journée du refus de l’échec scolaire ?

Vikash Dhorasoo – En janvier 2012, j’ai signé le pacte contre l’échec scolaire car il rejoignait plusieurs de nos préoccupations énoncées dans le manifeste Tatane, notamment nos interrogations sur la notion d’échec au foot et dans le système éducatif. Puis, quand nous avons rencontré les représentants de l’Afev, nous avons constaté de nombreux points communs entre ce que défendent nos deux structures donc il était pour moi naturel de soutenir, à mon niveau, la Journée du refus de l’échec scolaire. Il me semble important d’être plusieurs à défendre ou dénoncer les mêmes choses, et de points de vue divers, c’est bien plus efficace. C’est la force du collectif.

Vous affirmez dans votre manifeste Tatane que « les sports comme les sociétés se jugent à la manière dont on traite les perdants », qu’en est-il de notre système éducatif ?

Vikash Dhorasoo – Aujourd’hui, dans la société comme dans l’école, il y a une forte propension à la compétition. L’obsession d’être toujours le meilleur, quitte à écraser l’autre. Ce n’est pas ma manière de concevoir les choses. Je crois que c’est à l’inverse qu’il faut fonctionner, remettre de la solidarité, faire en sorte de tirer tout le monde vers le haut et arrêter d’avancer les uns contre les autres. C’est comme si on était les maillons d’une même chaîne : si un maillon s’affaiblit c’est la chaine entière qui est mise à mal. Mes deux filles étant scolarisées, je leur inculque de jouer en apprenant et d’apprendre en jouant. Elles ne sont pas dans une attitude de « je veux à tout prix être la plus forte ». Mais la société se chargera de leur rappeler que ce n’est pas toujours aussi simple.

Quel message souhaitez-vous porter au ministre de l’Education Nationale ?

Vikash Dhorasoo – La concertation avec de multiples acteurs conviés pour réfléchir et avancer ensemble me semble une bonne démarche. Il faut espérer qu’elle amène à formuler les meilleures propositions. L’élève qui décroche ou qui se sent en échec, se retrouve dans une spirale infernale, exacerbée par la compétition, la pression des notes… mais on peut réinventer les choses pour faire de l’école un puissant levier. On peut aussi redonner à ces jeunes le pouvoir de décider de leur avenir, leur laisser des choix, leur permettre de faire ce qu’ils veulent et non ce qu’on leur a imposé. Je crois que c’est possible.




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