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Université d’été de l’Afev : Quelle société de l’engagement ? – Troisième journée

Université d’été de l’Afev : Quelle société de l’engagement ? – Troisième journée

Du 2 au 4 juillet dernier, sur le campus de l’Université Paris-Nanterre, se tenait l’Université d’été de l’Afev. L’occasion, en trois journées aussi riches en échanges que conviviales et festives, d’accueillir quelques grands intervenants venus parler des mutations contemporaines des formes et définitions de l’engagement. Dernière journée, consacrée à un bilan des travaux et une porte ouverte sur l’avenir.

Au lendemain d’une belle soirée, ludique et musicale, organisée sur le campus de Nanterre, l’ensemble des participants était convié en cette dernière courte journée pour une dernière table-ronde intitulée « De la ville intelligente à la ville apprenante », avant un « rapport d’étonnement » de quatre salariés sur les trois jours passés, puis une conclusion par Christophe Paris, Directeur général, et Cédric Laigle, Délégué régional Hauts-de-France à l’Afev.

Modérée par Jérôme Sturla, Directeur du dévelopement urbain et du Lab’Afev, la table-ronde prospective a donné la parole à Soazig Gros, Directrice de la Digitale Académie de Montereau et Déléguée générale de la Fédération internationale des plateformes numériques d’enseignement supérieur, et à Jean-Pierre Mahé, Directeur du logement social chez Eiffage construction. Ce dernier a présenté le quartier « Smartseille » développé par son groupe dans le Nord de la cité phocéenne, un projet défini par Jérôme Sturla comme « une agrafe entre les quartiers Nord et les nouvelles dynamiques de la ville. »

Après projection d’un bref film, Jean-Pierre Mahé a qualifié Smartseille d’« écosystème partenarial, implanté en plein milieu des quartiers Nord, sur une ancienne friche. » Un projet en cours d’achèvement, qui proposera en 2020, sur 58 000 mètres carrés, « tous types de logements – sociaux, privés, intermédiaires -, mais aussi des bureaux, avec toujours un même objectif : remettre l’humain »au cœur du tissu urbain, et surtout assurer une transition à la fois écologique et digitale au bénéfice du plus grand nombre. Espaces verts au sol, toits végétalisés, jardins partagés, conciergerie digitale (« pérenne dans le montage »), espaces de télétravail, de rencontre, places de parking gérées intelligemment entre usagers du jour et de la nuit, etc.

Des bâtiments seront également consacrés à des actions et à de la mixité sociales, comme la résidence intergénérationnelle Cocoon’Ages(gérée et animée par Récipro-cité). Deux ans après la livraison de la moitié de ce quartier, « le pari initial est tenu », selon le Directeur du logement social, « et nous disposons déjà de très bons retours. » Pour la suite, il a nettement fait un appel du pied à l’Afev, en déclarant qu’il sera nécessaire de « prolonger cette dynamique humaine en intégrant la population des étudiants, et éventuellement des jeunes actifs. » « Aujourd’hui, a-t-il poursuivi, les équipes d’Eiffage Aménagement sont très demandeuses de collaborations avec les équipes de l’Afev. Nous avons d’ailleurs actuellement une coopération sur Bègles, qui correspond typiquement à ce que nous voulons faire »– soit réinvestir des locaux collectifs résidentiels « abominablement mal gérés par les bailleurs sociaux » et en profiter pour créer du lien social et développer des activités associatives.

Soazig Gros, quant à elle, et toujours selon Jérôme Sturla, était venue « présenter la Digitale Académie, un tiers-lieu proposant un parcours spécifique afin de rendre accessible l’enseignement supérieur au plus grand nombre », et ce jusqu’aux territoires les plus isolés du pays. Pour débuter son propos, elle a rappelé que « 50% des bacheliers ne poursuivent pas leurs études », en particulier ceux issus des banlieues ou de zones rurales. Après diffusion d’une courte vidéo sur la Digitale Académie, sa directrice a parlé de son dispositif visant à permettre à des personnes isolées géographiquement ou financièrement fragiles de décrocher «  de vrais diplômes », ce qui a suscité quelques échanges à la salle – en particulier sur la question des freins culturels poussant certains individus à ne pas envisager, existence ou non d’une plateforme d’enseignement supérieur efficace, la poursuite d’études ; ou encore sur la nécessaire dynamisation des quartiers et territoires, voire la prise en compte de la formation tout au long de la vie. En conclusion, Soazig Gros a également abordé la question du développement à venir de sa structure : « Des Digitales Académies à Marseille, mais aussi au Niger puis au Moyen-Orient. »

Afin de redonner la parole aux principaux acteurs de ces journées, à l’issue de cette dernière table-ronde, Cédric Laigle a animé un échange avec quatre salariés,  requalifiés « grands témoins »pour l’occasion, afin de recueillir leurs sentiments sur les trois journées (et soirées) écoulées. Grégoire, de Dunkerque (qui avait suivi le parcours 2 « Les enjeux écologiques, au cœur des préoccupation des jeunes et de nouvelles formes d’engagement – et dans les quartiers ? »– Juliette Poirson / Camille Erbstein), a par exemple été marqué par la conférence de François Dubet le premier jour, et la notion de « potentiel inexploité » : « C’est nous, le terreau » de l’engagement, a-t-il indiqué, avant de mener une charge plutôt acerbe sur le gouvernement et « les débats en trompe-l’œil. »

Pour Charlotte, de Seine-Saint-Denis (parcours 8 « Impliquer les entreprises et les fondations dans le projet de l’Afev » – Jade Coudert / Emmanuelle Allais), il serait important à l’avenir d’organiser « plus de débats, des tables-rondes plus réduites, et l’aménagement de formats où l’on pourra vraiment et directement débattre aussi entre nous, en marge des séances plénières. »Quant à Céline, elle a confirmé que « l’engagement est en train de se transformer » (y compris dans l’accompagnement des volontaires en tant que tels), mais regretté une trop faible émergence de la prise de conscience du réchauffement climatique à l’Afev, ainsi que l’absence totale de débats sur le Service National Universel.

Enfin, Eymeric, de Dijon/Besançon (parcours 10 « Les lycéens, source et ressource d’engagement »– Julie Tartarin / Adeline Eveno / Farouk Bouchafa), a exprimé un relatif « sentiment de frustration », dans la mesure où il aurait espéré pouvoir disposer à l’issue des trois jours d’une définition plus précise de l’engagement à l’Afev. Pour autant, et après avoir remercié les équipes de Socrate qu’il avait appris à découvrir pendant l’Université d’été, il a estimé que « ça fait sens si l’on parvient à construire un réel écosystème d’engagement. »

Pour terminer, le Directeur général Christophe Paris a pris une dernière fois la parole, pour livrer un message à la fois direct et sans ronds de jambes : « Je vous adore. Et ne croyez pas que ça se passe partout de cette façon, les universités d’été. C’est précieux ; vous êtes précieux. A nous tous, nous formons une structure un peu dingue, mais toujours hyper-pro et super exigeante. On ne lâche rien, jamais. C’est complètement fascinant à observer, même de l’intérieur. »

Il a espéré que « nous irons encore plus loin, l’an prochain, dans la réflexion », tout en insistant sur le fait que les travaux liés aux parcours spécifiques, qui seraient diffusés prochainement, avaient encore des choses à enseigner à l’ensemble des participants. « Nous avons une parole, a-t-il conclu, et nous ne voulons pas seulement être un opérateur social parmi d’autres, mais exprimer une réelle volonté de transformation sociale. Ce qui passe forcément par l’un de nos enjeux principaux : vivre et grandir aussi, directement, sur nos territoires »d’action et d’intervention – « soit, à partir de l’engagement individuel, donner du sens au collectif. Co-construire avec des structures amies, pour donner un sens plein à la notion d’engagement circulaire. »

François Perrin




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