Rechercher

Les propositions de l’Afev pour les élections universitaires “Penser l’université de demain”

Les propositions de l’Afev pour les élections universitaires “Penser l’université de demain”

Dans une société de plus en plus tournée vers la connaissance, les universités sont des acteurs de premier plan. La capacité à créer de l’innovation est déterminante dans un monde dominé par la recherche de compétitivité.

Ces évolutions se font dans un contexte difficile, la France consacrant un niveau d’investissement pour l’enseignement supérieur en-deçà de celui d’autres pays développés, même s’il a progressé depuis 2005. Les rentrées universitaires voient arriver un afflux d’étudiants, confirmant la massification de l’enseignement supérieur et l’attrait des étudiants pour l’université. Ce mouvement général vers la société de la connaissance laisse à l’écart une partie de la population. C’est encore plus vrai dans les pays en voie de développement mais c’est aussi une réalité pour la France, qui reste l’un des pays les plus inégalitaires en matière de réussite scolaire. Il est de notre devoir de permettre à chacun d’accéder à l’éducation !

L’Université peut jouer un rôle déterminant de reconnexion et de partage de la connaissance, de formation des citoyens et d’accompagnement de la jeunesse pour trouver sa place dans la société. En écho à ces évolutions et à l’occasion des élections universitaires, l’Afev propose des projets de responsabilité sociétale des universités, favorisant l’accès au savoir, à la mobilité, aux usages numériques et à l’engagement citoyen.

6 propositions pour des universités ouvertes et engagées

1/ Insérer les campus dans la cité

Déployer des plateformes de l’engagement solidaire

Plus que jamais l’université doit s’ouvrir sur son territoire et participer à son développement local. L’Afev propose aux universités de créer des espaces dédiés aux liens entre l’université et son environnement. Véritables connecteurs entre universités et quartiers populaires, ces plateformes sont à la fois des lieux de ressources, de rencontres, de débats et de soutien aux initiatives solidaires. Pensées comme des tiers lieux de l’engagement, elles contribuent à l’attractivité de l’établissement, à la réussite et l’insertion des étudiants, et à la démocratisation de l’enseignement supérieur. Elles peuvent également participer à favoriser la mutualisation des ressources publiques, en facilitant l’accès des habitants aux locaux, équipements, matériel, enseignements mis à disposition par l’université.

2/ Avec les étudiants, construire une ville plus solidaire

Ouvrir des Kolocations à projets solidaires (KAPS) 

La ville est actuellement en pleine mutation : elle s’élargit dans un mouvement de métropolisation, et doit aussi tenir compte de la nécessité de mieux intégrer les territoires défavorisés. Les universités, qui pour certaines sont implantées en proximité forte de quartiers populaires, peuvent participer de cette dynamique de rapprochement entre métropole et périphérie, géographique et/ou mentale.

La vie publique et citoyenne, les liens qui s’établissent ou non entre les habitants, la lutte contre l’isolement, sont des enjeux prioritaires pour lutter contre la relégation de certains territoires.

L’Afev propose des Kolocations à projets solidaires, dont le principe de fonctionnement est simple : ouvrir dans les quartiers populaires des colocations étudiantes dont le ciment est un projet social et solidaire avec les voisins.

3/ Faire de l’engagement citoyen un pilier des politiques d’établissement

Développer le service civique dans l’enseignement supérieur

Suite aux attentats de janvier 2015, le Président de la République a souhaité rendre le service civique universel et le développer dans les universités.

L’Afev a accueilli plus de 3700 jeunes en volontariat depuis 2006 et peut aider au développement de missions relatives à la Responsabilité Sociétale des Universités. Par ailleurs, l’Afev peut mettre à disposition ses compétences et ses expériences pour faciliter le déploiement du service civique et accompagner les responsables des établissements dans la réflexion et la mise en œuvre des projets d’accueil.

4/ Expérimenter de nouvelles pédagogies prenant appui sur l’éducation populaire

Valoriser les compétences issues de l’engagement solidaire dans les cursus universitaires 

Aujourd’hui, compétences académiques et compétences expérimentales sont nécessaires pour entrer dans le monde du travail. Pour les étudiants, une expérience au sein d’une association peut être le moyen de vivre une expérience enrichissante et d’acquérir des compétences utiles pour leurs parcours. L’Afev peut ainsi proposer des terrains d’engagement compatibles avec les études et qui pourront être valorisés dans le cadre des cursus. Une démarche particulière pourra être conduite en lien avec les services d’orientation de l’université et le monde professionnel afin d’accompagner les étudiants dans l’exploration de leurs imaginaires professionnels et d’engagement, de les aider à verbaliser les compétences acquises et de les confronter à des acteurs du monde du travail.

5/ Faciliter la réussite à l’université

Prévenir le décrochage universitaire grâce à l’engagement citoyen

Les étudiants les plus en fragilité doivent bénéficier d’un accompagnement renforcé pour prévenir des situations de décrochage. Un engagement citoyen peut contribuer à redonner sens à leur parcours, de donner accès à des réseaux dont ils sont souvent dépourvus et d’acquérir des compétences complémentaires. L’Afev peut contribuer à favoriser l’accès à la culture universitaire et à ses codes et accompagner les étudiants à mieux comprendre leur environnement et à se projeter sereinement dans la suite de leurs études.

6/ Permettre la démocratisation de l’enseignement supérieur

Généraliser le bénévolat étudiant auprès des élèves en difficulté d’orientation 

Les étudiants bénévoles peuvent contribuer en complément de l’action des professionnels à donner aux élèves les outils leur permettant de se projeter dans leur orientation. Ils témoignent de leurs parcours et de ce qu’est la vie d’étudiant auprès des élèves, dans les établissements d’enseignement  secondaire, auprès des familles. Ils accueillent aussi les élèves pour des visites de l’université et des infrastructures universitaires. L’objectif est de mieux informer en amont sur les champs des possibles et d’agir contre les phénomènes d’autocensure.

 

Pour aller plus loin :

 

Accueillir les étudiants réfugiés à l’Université – Droit d’asile, carte d’étudiant

Appuyer les bacheliers dans la poursuite d’études dans l’enseignement supérieur – Démocratiser l’enseignement supérieur : le projet DEMO aux actes

Soutenir le Service Civique à l’université – Le défi du Service civique à l’Université

Faire tomber les murs autour des établissements – « L’Université doit prendre en compte son territoire ! » Joël Guervenou, Université de Bretagne occidentale (UBO)

Site de l’Observatoire de la Responsabilité Sociétale des Universités (ORSU)




Translate »