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Des jeunes plus autonomes mais moins bien logés…

Des jeunes plus autonomes mais moins bien logés…

L’Observatoire de la Jeunesse Solidaire 2015 questionne les jeunes sur leur logement et les choix qu’ils ont dû faire, entre autonomie, mobilité, budget, etc. Comment fait-on pour suivre une formation ou obtenir un emploi sans logement abordable ? Quels parcours, choisis ou subis, pour ceux qui ne sont plus aidés par leurs familles ? A quel prix les jeunes sont-ils aujourd’hui autonomes, mobiles, en capacité de décider de leurs parcours de formation ou professionnels ?

Une situation alarmante

Logement jeunes3Premier constat, l’accès au logement, voire le simple fait de bénéficier de conditions décentes et satisfaisantes en termes d’habitat, les jeunes de 18 à 30 ans pâtissent aujourd’hui d’une situation alarmante. Le contexte s’est tellement aggravé qu’ils sont désormais 7 sur 10 à déclarer avoir été ou être encore confrontés à des difficultés de taille dans ce domaine. Et ce même si près de 8 jeunes sur 10 de 18 à 30 ans ont d’ores et déjà quitté le domicile parental.

Plus d’1 jeune sur 5 n’a pu se prévaloir d’un emploi ou d’un emploi stable, indispensable pour obtenir un logement dans le parc privé. Plus d’1 sur quatre a manqué de moyens pour accéder à son logement. Un quart doit renoncer à des dépenses de première nécessité. 12% furent et sont encore victimes de discriminations. 23% sont contraints de demeurer au domicile parental (même après avoir accédé à un premier emploi), et 15% des jeunes de l’échantillon témoignent s’être retrouvés à un moment ou l’autre de leur parcours sans logement, ou dans une situation très précaire.

Des inégalités dans l’accès au logement

Logement jeunes 2Or, si la grande majorité des jeunes se heurte à des difficultés importantes dans son parcours vers l’autonomie en matière de logement, un effet de « double peine » n’en persiste pas moins. En effet, le petit tiers de l’échantillon ayant déclaré n’avoir rencontré aucun souci majeur sur cette voie se compose majoritairement de jeunes actifs, avec une nette surreprésentation des Bac+5, d’enfants de foyers parentaux CSP+, et même de propriétaires de leur résidence principale. A contrario, les plus en diffi cultés cumulent en général absence d’activité professionnelle (ou alors en intérim ou contrats précaires), absence de diplôme, et obligation subie de ne pas quitter le logement parental.

Ainsi, au rayon des diffi cultés rencontrées, la première d’entre elles consiste en une obligation de rester chez ses parents, faute d’une autre solution : 29% des jeunes interrogés vivent ou ont vécu cette contrainte et ont donc dû repousser leur accès à l’autonomie en matière de logement. Deux tiers d’entre eux l’admettent : ils subissent cette situation pour des raisons financières. Le même pourcentage réside d’ailleurs en zone péri-urbaine ou en milieu rural, soit à des lieues de l’image de l’étudiant ou du jeune actif intégré dans le cœur de la ville.

Selon les travaux du Conseil Economique Social et Environnemental, les jeunes sont confrontés, plus encore que les autres catégories d’âge, aux conséquences de la hausse des prix du logement.

« Surreprésentés dans les petits logements du parc locatif privé et dans les villes-centres, résidant souvent seuls, ce qui accroît leur taux d’effort, les jeunes consacrent 18,7 % de leurs ressources à se loger, contre 10 % toutes classes d’âge confondues. Les réponses offertes par les pouvoirs publics sont aujourd’hui insuffisantes. Faciliter l’accès au logement autonome pour les 18-29 ans suppose pour le CESE la mise en œuvre d’un ensemble de solutions combinant orientations générales des politiques de logement et mesures spécifiques. »

Pour en savoir plus sur ce sujet : www.lecese.fr/travaux-publies/le-logement-autonome-des-jeunes




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