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ORSU TALKS 2021 : L’expérience étudiante, dans tous ses états

ORSU TALKS 2021 : L’expérience étudiante, dans tous ses états

C’est sur la question de “L’expérience étudiante au sortir de la crise sanitaire” qu’ont porté les échanges de la troisième édition des ORSU Talks, organisée par l’Afev le 22 juin dernier. Une édition 2021 introduite par des acteurs des collectivités locales (via l’AVUF) et de l’Université (via la CPU), et dont la conclusion fut portée par le CNOUS et le Directeur de l’Afev.

Introduits par Sandrine Martin, Déléguée régionale Nouvelle-Aquitaine, ces ORSU Talks visaient à réfléchir ensemble, entre « associatifs, représentants de collectivités locales, partenaires de l’enseignement supérieur, partenaires privés », sur les leçons à tirer de ces « deux années très complexes du point de vue de la vie étudiante, et de l’expérience étudiante en général. » Ce temps-fort s’articulait autour de trois grandes thématiques : « la question de l’engagement, celle du logement et celle des tiers-lieux et des nouveaux usages des lieux de vie étudiante. »

L’Avuf et l’expérience étudiante

La représentante de Catherine Vautrin, Présidente de l’AVUF et du Grand Reims (retenue pour cause de sinistres liés aux intempéries), a d’abord présenté l’Association des villes universitaires de France (AVUF – 99 collectivités, dont une quarantaine de villes moyennes accueillant des pôles d’enseignement supérieur de proximité), avant de détailler « les préoccupations actuelles des élus locaux dans ce contexte particulier. » D’abord, l’organisation des études à la rentrée prochaine « et pour les suivantes, avec une grande interrogation sur la présence effective des étudiants dans les établissements de nos territoires » (du fait du maintien au moins partiel de l’enseignement à distance, d’où une forte mobilisation des Observatoires territoriaux du logement étudiant).

Ensuite, la santé des étudiants, y compris leur santé mentale « dont on a beaucoup parlé depuis un an, et plus largement la question de l’accès aux soins, la prévention des conduites addictives et des comportements à risques. » Un sujet sur lequel le vice-Président Michaël Delafosse, par ailleurs Président de Montpellier Méditerranée Métropole, a lancé récemment un grand chantier. Ont aussi été cités « l’amélioration de la qualité des logements des étudiants » – d’où la création prochaine d’un label national « Qualité résidence étudiante » – et « l’employabilité des étudiants dans cette période de crise » (pour laquelle « le rôle d’intermédiation des collectivités locales constitue un enjeu essentiel »).

Concernant « l’engagement des étudiants sur les territoires », la représentante de Catherine Vautrin a indiqué que « cette période de crise a révélé une volonté forte des étudiants de se mobiliser pour venir en aide aux personnes en difficulté, ce qui constitue un gros point d’attractivité pour les territoires, qui mérite d’être approfondi et soutenu. » D’autant que nombre de collectivités « travaillent à la pérennisation de dispositifs qui ont vu le jour pendant la période – à côté d’expériences qui ont fait leur preuve, comme le Conseil toulousain de la vie étudiante. »

La CPU et l’expérience étudiante

Ce premier éclairage a été suivi d’une intervention d’Alain Bui, Président de la Commission de la Vie de l’étudiant et de la vie de campus pour la CPU, et par ailleurs Président de l’Université Versailles/Saint-Quentin. Pour lui, les questions qui se posent aujourd’hui « ne datent pas évidemment du printemps 2020 – la précarité étudiante étant un sujet qui mobilise depuis longtemps la communauté des établissements supérieurs. » En effet, « les étudiants connaissaient des conditions dégradées avant l’irruption de la crise de la Covid-19 » (précarité matérielle, problèmes de santé physique et mentale, difficultés à concilier études et emploi) ; pour autant, « la crise sanitaire a eu sur eux des impacts considérables, en accentuant encore davantage les difficultés qu’ils rencontrent. » 

Par exemple, le coup d’arrêt donné à l’emploi des étudiants en a poussé certains « à ne plus pouvoir subvenir à leurs besoins de base. » Quant à l’accroissement de l’isolement, « malheureusement le maître-mot de l’année 2020 pour notre jeunesse », il a contribué à transformer la question de la santé psychique « en enjeu prioritaire. » De fait, « le triptyque formation / vie sociale / vie familiale s’est concentré alors, pour nos étudiants, sur quelques mètres-carrés au travers d’un écran. » Heureusement, « face à ce coup d’arrêt et à la violence de la crise, la dimension solidaire de l’activité associative s’est considérablement développée » : distribution de paniers-repas, réseaux d’écoute, mise en place de tutorats pédagogiques, mentorat… Ainsi, « les étudiants se sont mobilisés pour les étudiants, mais aussi pour accompagner les plus jeunes – écoliers, lycéens, collégiens et leurs familles – à surmonter une situation inédite. »

Face à ces constats, la nouvelle rentrée prévue à la fin de l’été laisse « subsister des incertitudes », et exigera d’apporter « une attention particulière à nos associations étudiantes, souvent malmenées par la crise » (difficulté du renouvellement des équipes et des adhérents, baisse des cotisations, etc.), pour « valoriser l’engagement au sein des structures associatives. » Concernant l’Université à proprement parler, toutes ses missions ont également été « fortement impactées » par la crise, ce qui les pousse désormais à « s’interroger sur son impact durable », d’autant que « les enseignants et étudiants ont expérimenté de nouvelles manières d’enseigner et d’apprendre » – ce qui pourra faire évoluer « les modalités actuelles d’enseignement dans les prochaines années. » 

Dans tous les cas, « la crise a démontré l’importance fondamentale de la vie étudiante et de la vie de campus pour l’épanouissement et la réussite des étudiants » – or, si une chose est sûre, c’est que cette expérience « ne peut pas se vivre à travers des écrans. » D’où la réflexion active que mobilise en ce moment l’Université, notamment, en direction de tiers-lieux « connectés, accueillants, modulables. » Pour toutes ces raisons, la CPU a décidé de « mener une grande consultation pour faire un état des lieux de la situation et formuler un certain nombre de propositions », en impliquant de nombreux acteurs de la vie étudiante.

CNOUS/Afev, un partenariat renforcé

Suite aux tables-rondes thématiques (engagement, logement et lieux de vie étudiante), la clôture des travaux de ces ORSU Talks était assurée par Christophe Paris, Directeur de l’Afev et Président du Collectif Mentorat et Dominique Marchand, Présidente du CNOUS. Les deux structures ayant, au passage, « signé une convention très globale » quelques jours plus tôt, comme l’a annoncé le premier, remerciant au passage « le CNOUS et les CROUS, qui depuis un an et demi ont été très présents auprès des étudiants. » Dominique Marchand, quant à elle, a estimé que « tous les sujets abordés dans les ateliers ont une très forte résonnance non seulement avec ce partenariat renforcé entre nous, mais aussi avec toutes les actions que nous avons menées ou essayé de mener ces derniers mois, dans un contexte très particulier. » 

Elle a alors parlé précisément, en premier lieu, de la lutte contre la précarité (aides d’urgence « multipliées par deux ou par trois », soutien spécifique aux étudiants boursiers, repas à un euro), mais aussi du logement étudiant, des colocations solidaires et des lieux de vie étudiante – trois items qu’elle a rassemblé derrière « la notion de référents étudiants, généralisée à l’ensemble des résidences sur décision du Ministère ». Selon la Présidente du CNOUS, ces référents étudiants relèvent « réellement de l’engagement étudiant, en ce que leur engagement leur procure une réelle expérience de vie », tandis qu’ils apportent « un accompagnement extrêmement important pour les étudiants logés, qui illustre toute l’importance des relations de pair à pair » – pour lutter contre l’isolement, le non-recours aux droits… Tout ceci en « faisant attention, bien sûr, à les former et à les accompagner », notamment « sur la conduite à tenir sur le plan psychologique. » En effet, ce « besoin de soutien psychologique bien sûr préexistait, mais sans aucun doute perdurera » dans un avenir proche ou plus lointain.

Pour Christophe Paris, qui a conclu la journée, « les échanges de cet après-midi ont été très riches, et particulièrement importants au moment où ils se sont tenus », c’est-à-dire, « nous l’espérons, à la fin d’une séquence qui a été bien plus longue que ce que l’on imaginait en mars 2020. » Les participants ont en effet eu l’occasion de « revenir sur ce qui s’était passé, mais aussi d’ouvrir des perspectives. » Pour lui, les débats ont été « pleins d’une énergie, de visions et de volontés, sinon de mise à jour de moyens concrets de transformation sociale. » Il a estimé que les étudiants et leur environnement, dans cette période, se sont retrouvés dans une situation illustrée à la fois « par la fragilité et par l’agilité. »

Après avoir brièvement résumé les enseignements de chacun des ateliers, il a indiqué que « la période qui s’ouvre va être vraiment intéressante, parce que cette crise a à la fois accéléré l’envie de transformation et de changement et forcé les acteurs à trouver des chemins ou des débuts de chemins très stimulants pour la suite. » Ainsi, « c’est ce croisement entre volonté de changement et débuts de pistes qu’il va falloir que nous incarnions tous, ensemble, à la rentrée. » D’autant que, et c’est un autre fait marquant de cette crise, « c’est comme si l’opinion publique avait compris que la vie étudiante formait un tout, et ne se bornait pas aux études à proprement parler. » Comme si elle avait compris, aussi que la vie étudiante rassemblait « une riche communauté d’acteurs, qui doivent encore travailler pour articuler au mieux leur complémentarité », et ce pour « construire des écosystèmes territoriaux au centre desquels se trouverait l’étudiant. »

François Perrin

ORSU TALKS 2021 : L’engagement étudiant

ORSU TALKS 2021 : Le logement étudiant

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