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JRES (12) – Réseau Canopé : “Inscrire le numérique dans les continuités éducatives”

JRES (12) – Réseau Canopé : “Inscrire le numérique dans les continuités éducatives”

Le 20 septembre prochain, l’Afev organise la 9ème édition de la Journée du Refus de l’Échec Scolaire (JRES) – en partenariat avec Trajectoires-Reflex et de nombreuses organisations. Cette journée, accompagnant la publication d’une enquête exclusive, sera consacrée à la question du numérique. Afin d’anticiper les débats et découvertes qui marqueront cette journée, le Lab’Afev tenait à diffuser plusieurs contributions émises par des partenaires. Ici, le parrain de cette édition de la JRES, le Réseau CanopéPour plus d’informations sur la journée : www.refusechecscolaire.org

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“Le numérique, un levier contre les inégalités

Le numérique n’en finit pas de bouleverser notre rapport au(x) savoir(s), aux autres et au monde. Parce qu’il est un objet global (tout à la fois contenant et contenu) et globalisé (ne souffrant pas de limites), il nous pousse à revisiter nos idées et nos certitudes concernant la transmission des savoirs et des compétences acquises dans l’école, et au-delà. En ce sens, le numérique constitue une véritable invitation – une opportunité – pour réfléchir sur ce que l’école et l’éducation en général peuvent apporter à la constitution d’une culture commune à l’ère du numérique.

Plus encore, et comme toute question de société, l’attention doit être portée sur la capacité du numérique à lutter contre les inégalités sociales et scolaires. On sait que ces inégalités se retrouvent dans la fracture numérique, qui n’est plus liée aujourd’hui aux questions d’équipement et d’accès à internet mais aux usages qui en sont faits. De ce point de vue, l’enjeu actuel du numérique porte bien sur la lutte contre les différentes formes d’« illettrisme numérique » qui excluent les personnes, y compris les jeunes, ne maîtrisant pas les « codes » d’Internet et les usages qui leur sont liés.

Inscrire le numérique dans les continuités éducatives

Car lorsque l’on observe les pratiques des jeunes, on s’aperçoit que cette fracture se manifeste de différentes manières, notamment en termes de cloisonnements et de ruptures. Les observateurs nous rappellent en outre qu’on se trouve bien souvent face à une difficulté, voire un paradoxe, à considérer les jeunes a priori compétents et experts – parce qu’ils seraient « natifs du numérique », ou par nature « connectés » – tout en étant pour le moins circonspects quant à leurs pratiques, parce qu’elles seraient liées à des « savoirs minuscules » (Dominique Pasquier, Les “savoirs minuscules”, le rôle des médias dans l’exploration des identités de sexe in Education et sociétés, 2002), jugés comme illégitimes – en tout cas éloignées des codes et des exigences des savoirs et compétences académiques mobilisées dans un cadre éducatif. Or il importe, non pas d’exclure telle ou telle pratique, mais bien de reconnaître la place du numérique, et des savoirs en jeu, dans les continuités éducatives et de penser les articulations entre ces différents temps et usages.

Le numérique, un enjeu citoyen

En ce sens, l’enjeu crucial de l’école aujourd’hui est bien de permettre aux jeunes de comprendre ce qui constitue le numérique, afin qu’ils sachent l’utiliser de manière efficiente et avertie, autrement dit de leur « apprendre à apprendre » : quelles sont les règles de cette « société de l’exposition » (Bernard HarcourtExposed : Desire and disobedience in the digital age, 2015), où l’on s’affiche volontairement et en permanence ? Comment pallier l’absence de prescripteur visible assurant le choix, la catégorisation, la hiérarchisation des savoirs et des informations ? Comment assurer leur qualification et évaluation (et éviter notamment les rumeurs et autres complotismes) ? Comprendre le numérique – et par là, la société de l’information – est donc bien aujourd’hui l’un des piliers de l’éducation à la citoyenneté, par le développement de la capacité des jeunes à devenir des experts-chercheurs, capables de mesurer la fiabilité d’une source et d’une information.

Le numérique, un levier pour l’insertion des jeunes

Enfin le numérique redéfinit l’ensemble des métiers et des activités professionnelles, les nôtres compris. Il bouleverse ainsi, et à une vitesse plutôt vertigineuse, les formations permettant d’accéder à ces métiers aujourd’hui, et aux professions de demain. Or le numérique ne doit pas être compris uniquement comme l’affaire de compétences techniques à acquérir, de prise en main d’outils. Ces compétences sont certes nécessaires et fondamentales, mais l’enjeu se situe aussi dans le développement de véritables capacités d’agir de manière autonome avec le numérique, et de l’inscrire dans un parcours (et un environnement) personnel, professionnel et social. C’est à cette condition, comme le rappelle Jacques-François Marchandise, qu’on pourra mesurer « si le numérique tient ou non ses promesses […] s’il construit une société de la connaissance, s’il produit de l’égalité, s’il démocratise » (Entretien avec l’auteur in Diversité, n°185, 2016), s’il a la capacité à faire du lien, à réinstaurer du collectif, à former à l’esprit critique et à offrir des espaces de création, pour tous.

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