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JRES (11) – Catherine Chabrun (DEI) : “Des outils numériques au service de tous les enfants”

JRES (11) – Catherine Chabrun (DEI) : “Des outils numériques au service de tous les enfants”

Le 20 septembre prochain, l’Afev organise la 9ème édition de la Journée du Refus de l’Échec Scolaire (JRES) – en partenariat avec Trajectoires-Reflex et de nombreuses organisations. Cette journée, accompagnant la publication d’une enquête exclusive, sera consacrée à la question du numérique. Afin d’anticiper les débats et découvertes qui marqueront cette journée, le Lab’Afev tenait à diffuser plusieurs contributions émises par des partenaires. Ici, par la voix de sa Secrétaire générale adjointe Catherine Chabrun, Défense des enfants international (DEI France)Pour plus d’informations sur la journée : www.refusechecscolaire.org

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chabrun“Les enfants et les jeunes passent de plus en plus de temps devant des écrans connectés ; si leur accès se massifie et touche tous les milieux sociaux, leur utilisation creuse encore un peu plus les inégalités scolaires. Tous n’ont pas les clés d’utilisation du numérique !

Comme pour cellesAjouter du système éducatif, ces clés sont partagées surtout au sein des familles des couches sociales les plus aisées. Le numérique offre un atout supplémentaire au parcours scolaire, et ainsi aide encore un peu plus leurs enfants dans la poursuite de leurs études. Sans oublier les stages en entreprise et les premiers emplois…
Lutter contre l’échec scolaire, c’est donc rendre explicites les fonctionnements de notre système éducatif – ce qu’il attend et valorise – à tous les enfants, et faire de même pour le numérique.

Lutter contre l’échec scolaire, c’est aussi changer le « logiciel » de l’École : substituer la coopération à la compétition, favoriser l’exercice démocratique et l’expression – qu’elle soit personnelle ou collective – pour construire un citoyen ou une citoyenne en capacité de comprendre le monde comme l’humanité, et d’agir pour l’avenir.

Le journal scolaire, la correspondance, le travail personnel, la recherche documentaire, la revue de presse, la préparation d’un spectacle, d’une vidéo… sont autant de situations qui utilisent désormais les technologies numériques, et peuvent pour autant articuler coopération et expression – qu’elle soit personnelle ou collective. En effet, une équipe, un groupe d’élèves, voire la classe entière mutualiseront les connaissances, les pratiques et les techniques – y compris numériques – pour finaliser les projets, les travaux.

Que ce soit dans le cho
ix et le suivi des projets, de la vie de classe, de la régulation du groupe, de la gestion des travaux… l’élève est amené à proposer, à donner son avis, à argumenter, à décider… ce sont de véritables exercices de pratique citoyenne. Des expériences positives d’apprentissage, que ce soit ou non via les technologies numériques, de construction coopérative et de vivre ensemble qui, si elles se répètent tout au long de la scolarité, permettront à l’enfant devenu adulte de poursuivre sa lecture du monde et son action citoyenne, et de se comporter en citoyen conscient de ses responsabilités.

Si un travail spécifique sur les médias n’est pas pris en compte par l’École, seuls ceux qui vivent dans les milieux sociaux favorisés en tirent les bénéfices scolaires et personnels. Pire, tous les enfants et les jeunes exclus de cette initiation se retrouvent vulnérables sur Internet. Ces enfants et ces jeunes deviennent des cibles pour les rumeurs, les fausses informations, le harcèlement, la diffamation… L’apprentissage à l’Ecole (mais aussi dans le cadre des loisirs éducatifs) d’une utilisation maîtrisée du numérique participe donc de l’obligation de la société de protéger ses enfants contre des dangers de plus en plus prégnants aujourd’hui, tout en les accompagnant dans la découverte et l’usage des libertés (d’information, d’expression, de communication) qu’il permet.

La Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) demande aux États participants de respecter :

Le droit à la liberté d’expression. « Ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen du choix de l’enfant » (Article 13 de la CIDE)

Le droit d’exprimer librement son opinion « sur toute question l’intéressant, les opinions de l’enfant étant dûment prise en considération eu
égard à son âge et à son degré de maturité. » (Article 12 de la CIDE)

Leur obligation de protéger les enfants contre toute forme de violence (article 19), et d’exploitation (articles 32 à 36).

Pour que ces droits soient respectés en France, une obligation d’éducation aux médias, notamment numériques, de la part de l’Éducation nationale et des autres acteurs de l’éducation est indispensable. Elle doit porter sur tous les aspects de l’utilisation des médias : esprit critique par rapport aux contenus d’information et de publicité, recherche des sources, comparaison des différentes informations sur un même sujet, participation fréquente à des débats, écoute de l’opinion différente, argumentation, maîtrise des techniques numériques et connaissance des règles applicables sur les réseaux Internet etc.

Pour que cette éducation aux
médias soit présente au sein des classes et des établissements, une formation initiale et continue des enseignants est incontournable. Car il ne suffit pas de préparer un cours et de donner un résumé à apprendre pour que les enfants et les jeunes deviennent des utilisateurs de médias et d’Internet avertis et efficaces qui sauront s’enrichir de connaissances utiles pour leur parcours scolaire et leur avenir dans notre société.”

Catherine Chabrun, secrétaire générale adjointe de DEI Francedei

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