Rechercher

Journée du refus de l’échec scolaire, 9ème édition

Journée du refus de l’échec scolaire, 9ème édition

Le 20 septembre dernier, l’Afev organisait la 9ème Journée de refus de l’échec scolaire (JRES) : l’occasion de rendre publique une enquête exclusive menée auprès de quelque 600 collégiens scolarisés en réseau d’éducation prioritaire, et de réunir une quinzaine d’experts – dont la Ministre Najat Vallaud-Belkacem, à l’occasion d’une après-midi de débats à la Gaîté Lyrique.

>> Retrouvez ici le bilan de la dernière Journée du refus de l’échec scolaire.

Des chiffres…

Réalisée par Trajectoires-Reflex en juin 2016 auprès de 548 collégiens de 6èmes et 5èmes scolarisés en REP, l’enquête a permis de faire le point sur les usages numériques de ces jeunes, afin de tenir à distance les fantasmes (celui des « digital natives » en premier lieu) afin d’aborder le terrain en toute connaissance de cause. Il en est ressorti que si 98% d’entre eux disposent d’un réseau à domicile (et entre 80 et 87% d’un ordinateur ou d’une tablette), si une très large majorité dispose d’un smartphone, si 43% d’entre eux y passent en semaine plus de deux heures par jour (et un cinquième plus de quatre heures), plus de la moitié d’entre eux (54%) ne voient pas leur usage refréné par une quelconque injonction parentale en termes de durée devant l’écran – et ce malgré le fait que cet usage se fait très majoritairement à domicile, en fin de journée voire le soir (37% après 21h et jusque tard). En outre, dans 48% des cas, aucun contrôle parental n’a été mis en place à domicile.

Pourtant, si la moitié d’entre eux réalisent bien que l’outil peut s’avérer dangereux, 28% du tiers des collégiens ayant déjà été confrontés sur Internet à une image choquante n’ont pas eu le réflexe de s’exprimer à ce sujet auprès de leurs proches. Et si 31% des personnes interrogées ne montrent « jamais » ou « rarement » des choses vues sur Internet à leurs parents, c’est bien à ces derniers, à hauteur de 79%, que les collégiens déclarent faire confiance en premier lieu (contre 11% à leurs professeurs plutôt qu’à leur famille).

Ce qu’ils y font ? A 85%, ils utilisent les nouvelles technologies pour accéder à de la vidéo ou à de la musique (60% pour « réaliser des recherches scolaires », et encore 53% pour « jouer en ligne »), ou encore aux réseaux sociaux – surtout Snapchat, puis à égalité Facebook et Instagram -, alors même que les deux tiers de cette population ne disposent pas de l’âge légal pour s’y rendre.

Seuls 6% d’entre eux déclarent avoir appris à se servir de ces outils à l’école, contre 36% en famille et 55% seuls – ils sont d’ailleurs 62% à déclarer utiliser Internet avec leurs parents « de temps ou temps » ou « très souvent », contre 38% « jamais » ou « rarement ». Pourtant, ils sont 79% à indiquer que leurs professeurs utilisent plusieurs fois par mois Internet dans le cadre des cours (92% des salles de cours semblant être équipées en ordinateurs et/ou tableaux blancs interactifs), et même 86% à disposer de cours en ligne mis en place par leurs enseignants – ils expriment également une vision positive de ce que les enseignants peuvent leur apprendre en termes de compétences numériques, ce qu’il serait sans doute temps de prendre en compte, dans la mesure où 71% des jeunes interrogés n’ont jamais débattu avec un professeur des contenu figurant sur Internet. Par ailleurs, 19% d’entre eux communiquent par mail avec certains enseignants, 5% par SMS et jusqu’à 39% via le site Internet du collège.

… et des échanges

Sur la base de ces éléments, et riches de leurs expertises propres, des débats publics ont eu lieu le 20 septembre à Cergy, Marseille, Lyon, Toulouse ou Perpignan, mais également à Paris, de 14h à 18h à la Gaîté Lyrique. Animés par Emmanuel Davidenkoff, rédacteur en chef du Monde Campus, ces derniers ont réuni un grand nombre de spécialistes de ces questions autour d’Eunice Mangado-Lunetta, directrice des programmes de l’Afev, Xavier de La Porte, parrain de la journée et spécialiste des cultures numériques et Marc Dondey, Directeur Général et artistique du lieu hôte.

121204

Ce grand débat national était découpé en trois « plateaux », réunissant chacun des intervenants donc certains avaient déjà eu l’occasion de s’exprimer à ce sujet sur le Lab’Afev :

  • 121178« Une génération de digital natives ? », réunissant la directrice des opérations chez WeTechCare Cécilia Creuzet Germain, le Président et cofondateur de Simplon Frédéric Bardeau et la maîtresse de conférences en Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université-ESPE de Rouen Anne Cordier ;
  • « Dans et en dehors de l’école : tous acteurs du numérique éducatif ? », au cours duquel ont pu échanger la Professeur agrégée de mathématiques et fondatrice de Mathsenvideo Sophie Guichard, la Présidente de l’Association Lecture jeunesse Marie-Christine Ferrandon, la Délégué territoriale Afev-Val de Marne Camille Lehuger et la Responsable du service Projet éducation départemental au conseil départemental du Val de Marne Laurence Mesureur.
  • « Enseigner à l’heure du numérique », qui rassemblait Jean-Marc Merriaux, directeur général du réseau Canopé et Thierry de Vulpillières, Directeur des partenariats éducation chez Microsoft.

121224-copieAprès les trois premières heures de discussions et retours d’expériences, l’assistance a également pu profiter d’une allocution de la Ministre de L’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche Najat Vallaud-Belkacem, suivie par la signature d’une convention entre cette dernière et d’une part Nathalie Ménard, Présidente de l’Afev, d’autre part Denis Ehrsam, délégué général de la Conférence des présidents d’Université (CPU).

La Ministre, qui n’a jamais raté une JRES depuis son arrivée rue de Grenelle, a tenu à rappeler en introduction qu’un « élève qui décroche ou se trouve en échec scolaire – et ceci l’Afev le répète d’année en année -, c’est un élève qui a rompu un lien avec l’école », mais qu’à force d’efforts, la situation s’est en partie améliorée : « En 2008, au moment de la première JRES, 150 000 jeunes quittaient le système scolaire sans qualification ; l’an dernier, nous avons établi qu’ils étaient 110 000. C’est encore beaucoup trop, mais c’est un encouragement à poursuivre et amplifier notre action. »

Concernant le numérique, « s’il pourrait paraître tentant d’en faire le principal instrument de la lutte contre l’échec scolaire ; mais il faut se garder des solutions simplistes et réductrices, de considérer le numérique comme un remède miracle qui éliminerait l’échec scolaire sans peine à condition d’en prendre trois gouttes par jour. (…) Mais aussi de le considérer comme un gouffre qui s’ouvre devant l’école », et de rappeler alors les réticences permanentes nées des différentes innovations technologiques ou éducatives (apprentissage de la lecture, imprimerie, etc.) – « la surinformation était déjà, vous le constatez, à l’époque considérée comme un risque. »

La question principale se décompose en deux temps : « du numérique, que pouvons-nous faire ? Et que voulons-nous en faire ? » Deux questions qui auront à coup sûr rythmé les débats de cette journée.

François Perrin

Intervention de la ministre Najat VALLAUD-BELKACEM dans le cadre de la "Journée du refus de l'échec scolaire" organisée par l'Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV), à la Gaîté lyrique - Paris, le mardi 20 septembre 2016 - © Philippe DEVERNAY

Intervention de la ministre Najat VALLAUD-BELKACEM dans le cadre de la “Journée du refus de l’échec scolaire” organisée par l’Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV), à la Gaîté lyrique – Paris, le mardi 20 septembre 2016 – © Philippe DEVERNAY

Crédit photos : Philippe Devernay

 




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Translate »