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Jean-Jacques Goron : « Sans ignorer les difficultés, nous savons que de nombreux talents s’expriment dans les quartiers. »

Jean-Jacques Goron : « Sans ignorer les difficultés, nous savons que de nombreux talents s’expriment dans les quartiers. »

Le Projet Banlieues de la Fondation BNP Paribas a déjà 10 ans. Pour l’occasion, le Lab’ Afev a voulu interroger Jean-Jacques GORON, cadre dirigeant de la Fondation BNP Paribas, au sujet du rôle sociétal que jouent aujourd’hui les acteurs économiques.

 

La Fondation BNP-Paribas célèbre cette année les 10 ans de son « projet Banlieues », en quoi consiste exactement ce programme ? Quelles initiatives avez-vous pu soutenir par exemple ?

Lancé il y a 10 ans, le Projet Banlieues était pour BNP Paribas une réponse à la crise qui a ébranlé les quartiers à la fin de l’année 2005. Nous avons construit ce programme autour de deux associations que la Fondation soutenait depuis longtemps déjà : l’Adie (Association pour le Droit à l’Initiative Economique) sur le volet de l’emploi, et l’Afev sur le volet de l’éducation. Et nous y avons ajouté un troisième volet consistant à aider de petites associations qui agissent au cœur des quartiers en faveur de l’insertion, de l’éducation et du vivre ensemble. Des associations modestes, qui ne seraient sans doute jamais venues à nous et qui contribuent pour une grande part à la cohésion sociale. En 10 ans, nous avons réussi à structurer un réseau où chaque projet grandit avec respect et autonomie. Car si l’aide financière est nécessaire, le nerf de la guerre reste l’accompagnement des projets, ce que nous faisons main dans la main avec la vingtaine de responsables de groupes d’agences de BNP Paribas mobilisés auprès des associations sur le terrain.

Au fil du temps, d’autres initiatives sont venues enrichir ce programme, notamment avec « Odyssées jeunes », qui permet à tous les collèges de Seine-Saint-Denis l’organisation de voyages pédagogiques à l’étranger (800 voyages pédagogiques dans 34 pays permettant à 36 000 collégiens de voyager depuis 2009[1]). Sortir de son quartier, de sa famille, de son collège, cohabiter avec des personnes qu’on ne rencontre pas habituellement, avoir un regard diffèrent sur son professeur, monter un projet collectif autour du voyage, sont autant d’expériences enrichissantes pour les collégiens comme pour leurs professeurs.

 

Quels rôles et impact social a, selon vous, un acteur économique comme BNP Paribas dans notre société ?

BNP Paribas a depuis longtemps l’ambition d’aller au-delà de sa seule fonction économique pour devenir un acteur de la vie culturelle et sociale. Notre politique de mécénat, partie intégrante de notre politique de responsabilité d’entreprise, témoigne de notre engagement en faveur de la société et de notre souhait de contribuer à renforcer la cohésion sociale. Un engagement qui prend la forme d’alliances avec de nombreux acteurs de terrain.

Avec le Projet Banlieues, au-delà du financement et de l’accompagnement que nous apportons via la Fondation, nous souhaitons désormais connecter les nombreuses entreprises de taille intermédiaire qui sont nos clientes avec les associations qui agissent localement et que nous soutenons. Cette initiative, portée par l’ensemble de notre réseau d’agences, ne peut que contribuer à l’essor des associations auprès de ces entreprises qui, pour nombre d’entre elles, sont prêtes à s’engager à leurs côtés.

De la même manière, notre réseau a pour ambition de connecter les clients particuliers avec les associations, tout comme il souhaite s’engager davantage auprès des collèges pour accueillir des élèves qui ont souvent des difficultés à trouver un stage en 3eme.

Ce sont là quelques illustrations de la manière dont une entreprise peut jouer un rôle dans la société.

 

Quel regard portez-vous sur les quartiers et sur vos actions après dix ans ?

Il n’y a pas de solution miracle et les actions de mécénat ne vont pas résoudre à elles seules les difficultés à l’œuvre dans les quartiers ; mais nous évaluons celles que nous conduisons et constatons qu’elles sont utiles. Les belles histoires que nous font vivre les responsables d’associations et ceux qui les entourent, nous nous attachons à les faire partager ; elles nourrissent notre engagement et nous encouragent à poursuivre. Il en est ainsi de l’Afev, de ses salariés et nombreux bénévoles qui, année après année, aident les enfants et les jeunes qu’ils accompagnent à grandir et leur apportent confiance et estime de soi.

Les quartiers, nous les connaissons parce que nous y sommes également présents, de nombreux collaborateurs y vivent et y travaillent. Et sans ignorer les difficultés, nous savons aussi que de nombreux talents s’y expriment. Il y a une dynamique qui est possible, il y a beaucoup d’entrepreneurs, d’initiatives innovantes, de jeunesse, etc.

Le Projet Banlieues est non seulement une réponse à la crise sociale mais aussi une réponse aux préjugés qui les touchent. Les actions que nous menons aident aussi à porter un autre regard sur ces quartiers.

 

Quels sont les prochains défis à relever pour la Fondation BNP Paribas ?

Ils sont de natures différentes. Je dirais que nous devons continuer d’être à l’écoute des changements du monde, repérer des projets innovants, maintenir une présence sensible auprès de ceux que nous aidons alors que nous soutenons beaucoup de projets et avoir un effet de levier. Mais nous devons aussi encourager et fédérer les initiatives prises dans les nombreux pays où BNP Paribas est présent, une communauté mécénat qui peut encore grandir, partager des valeurs communes, dans le respect de l’histoire et des cultures locales.

 

[1] Source : Article Le Parisien, 16 juin 2015

Propos recueillis par Magali de Exposito

Crédit photo : Fondation BNP-Paribas




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