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Interview de Serge Le Boulch, président de Récipro-Cité

Interview de Serge Le Boulch, président de Récipro-Cité
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Serge Le Boulch, président de Récipro-Cité, a répondu avec une grande sensibilité à nos questions sur les enjeux actuels du logement. Pour lui, l’habitat de demain n’est pas seulement une affaire de construction ou de rénovation urbaine, il doit, également, intégrer la dimension des liens humains. Colocations citoyennes, logements évolutifs et inter-générationnels… sont les marques de fabrique de cette société d’ingénierie sociale qui a reçue le Prix International de l’innovation 2017 Habitat – Smart cities Le Monde à Singapour. Interview.

Quels sont les enjeux de société auxquels les acteurs de l’habitat doivent répondre ?

Les « acteurs » de l’habitat forment un système, une nébuleuse vaste et complexe composée de membres dont la qualité, les responsabilités, les objectifs et leur temporalité peuvent être très différents. Politiques, urbanistes, aménageurs, promoteurs, bailleurs, architectes, associations, ONG et habitants citoyens pour n’en citer que quelques-uns… les solutions qu’ils proposent pour construire et habiter la ville sont souvent contradictoires, et pas toujours à la hauteur des enjeux de société.

Plutôt que de le regretter et de laisser faire, chacun peut s’engager, défendre ses convictions, proposer et mettre en œuvre des solutions opérationnelles et duplicables. Le colibri est en chacun d’entre nous…:

Plus personne dans les rues ou dans des taudis, un toit et une adresse pour tous,

Un habitat digne et accessible pour les personnes les plus fragiles,

Un accompagnement humain facilitant la mixité sociale et intergénérationnelle, les liens de solidarité, l’accès aux services et à la culture, le vivre et le faire ensemble.

La question du logement des jeunes vous paraît-elle une priorité ?

C’est une priorité absolue. Il s’agit de permettre aux jeunes de toutes conditions de poursuivre des études dans de bonnes conditions, de dé-cohabiter et de se loger près de son école, son université, son lieu de formation ou de travail, sans stigmatiser les plus pauvres, de lutter contre les fractures sociale et générationnelle. Le vieillissement de la population permet aujourd’hui la coexistence de 4 générations, bientôt 5 : Dans ces nouvelles structures familiales, qui aide qui ? Quels moyens et quelles solutions nouvelles pour permettre une solidarité intergénérationnelle – économique – sociale – sociétale – à la fois dynamique et apaisée ?

De nouvelles formes d’habitat, nécessairement économiques et bénéficiant d’une réglementation adaptée, doivent voir le jour : foncier réservé, démembrement, colocation, cohabitation intergénérationnelle, logement mixte et évolutif, etc.

En quoi l’expérience des Kolocations à Projets Solidaires (KAPS) est-elle innovante ?

Elle expérimente les bienfaits du don, du partage et de la solidarité.

Elle permet à des jeunes de monter et de partager un projet solidaire, généreux, utile, qui les font grandir et s’émanciper ; et avec eux toute notre société, de façon durable (car cette expérience renouvelée marque profondément les personnes, les aidants comme les aidés, et a le pouvoir de transformer le monde dans lequel ils évoluent)

En facilitant l’accès au logement des jeunes générations, les KAPS participent à la construction de la ville intelligente d’aujourd’hui et de demain. Partager un logement, c’est densifier la ville sans augmenter la surface construite au prorata de ses habitants. C’est économique et écologique. Partager un projet KAPS, c’est faire preuve d’engagement et agir au sein des quartiers populaires. C’est plus de vie et de lien social, c’est un investissement d’avenir pour une société plus solidaire.

 




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