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Accueillir les réfugiés : notre devoir d’hospitalité

Accueillir les réfugiés : notre devoir d’hospitalité

L’Europe est peut-être en train de vivre un moment de bascule dans la dite « crise des migrants », accéléré avec l’émotion collective suscitée par la publication du cliché du petit Aylan.

Le débat, qui s’est trop longtemps concentré sur les chiffres, les stratégies de contrôle des flux ou l’impérieuse nécessité de torpiller les réseaux des passeurs mafieux, va-t-il enfin avoir lieu sur les réels enjeux, c’est-à-dire l’accueil de ces populations ? Dans nos sociétés, tendues par le chômage de masse, aux gouvernements tétanisés par les partis xénophobes en embuscade, la question de l’accueil des réfugiés apparaissait jusqu’à récemment politiquement taboue.

Pourtant, on a pu observer en Allemagne, en Autriche, des manifestations publiques en soutien aux réfugiés. En Islande, plus de 10 000 Islandais se sont mobilisés sur le Web pour accueillir chez eux un réfugié. En France, via des initiatives comme CALM (Comme à la maison) ou Welcome, des centaines de Français sont volontaires pour héberger des réfugiés.

Une autre initiative existe en France depuis 10 ans, moins médiatisée mais constituant une égale preuve de solidarité : le « réseau des accueillants » de l’Afev. Aujourd’hui, plus de mille jeunes engagés de l’Afev (bénévoles et volontaires en service civique) accompagnent des enfants nouvellement arrivés en France et leur famille dans leur découverte des codes scolaires, culturels, des institutions ou tout simplement de la vie quotidienne française…

bloupBien sûr, l’accueil des centaines de milliers de réfugiés qui ont déposé leur demande en Europe pose légitimement un certain nombre de questions sur la capacité de nos économies et système sociaux à faire face. Mais la question qui doit primer est celle de notre désir collectif de les accueillir.
Il y a des précédents : rappelons la spectaculaire mobilisation qui avait abouti en France en 1979 à l’accueil massif des « boatpeople ». Certes, 1979 n’est pas 2015. Mais ne sous-estimons pas la mobilisation dans plusieurs pays européens des sociétés civiles qui, sans angélisme, exigent que leurs gouvernements construisent une vraie politique d’accueil pour ces populations. Bien souvent, la société civile a un temps d’avance sur les politiques, parce qu’elle agit sans calcul ni tabou. Que ce soit en Allemagne, en Autriche ou au sein de l’Afev, non seulement ces bénévoles accueillants font leur devoir, celui de l’hospitalité, mais ils estiment que cette démarche leur apporte beaucoup.

On a trop souvent tronqué la fameuse phrase de Michel Rocard, « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle doit prendre sa part ». C’est ce qu’exigent aujourd’hui des millions de citoyens en Europe. Du côté de l’Afev, nous appelons les étudiants à rejoindre massivement notre « réseau des accueillants ». Les jeunes solidaires sont prêts à « prendre leur part ».

 

Eunice Mangado-Lunetta, directrice déléguée de l’Afev
Nathalie Ménard, présidente de l’Afev
Clotilde Giner, administratrice de l’Afev

 

Crédit photo REUTERS-Darren Staples

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Avec l’Afev 8 000 étudiants se mobilisent chaque année pour être utiles en accompagnant individuellement des enfants en difficulté. De nombreuses universités valorisent cet engagement dans leur cursus. L’Afev permet également aux jeunes de réaliser un service civique ou d’intégrer une « koloc’ à projets solidaires ».

www.afev.org




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